tableau rond

Le projet institutionnel

1. INTRODUCTION

L’expérience de l’Association Le chiffre de la parole se distingue par son apport culturel au travail clinique, que ce soit en matière d’éducation, d’enseignement, d’intervention sociale ou en matière de santé. Cet apport culturel est né de la constatation que la psychose (ainsi que la névrose), au-delà d’un abord individuel, est une question qui concerne l’ensemble de la culture. À une question individuelle et singulière, en effet, font écho des processus psychotisants à l’oeuvre au sein même de la société, voire de la civilisation, provoquant, par une absence ou une paralysie de parole, l’immobilité, les gestes répétitifs, la morbidité ou l’enfermement, mais aussi les arrêts de travail, le burn-out.

La clinique ne se fonde pas sur l’idée de la maladie mentale en tant que telle. En interrogeant les différentes réponses apportées par la famille et par l’institution à la violence, à la psychotisation, aux dépendances, à l’ascolarité, le Département de clinique psychanalytique de l’Association valorise la psychanalyse comme moyen pour aborder ces questions comme des questions de civilisation. La clinique se distingue comme intervention le long d’une théorisation, dans des dispositifs de parole, de vie, d’enseignement et de travail permettant l’intégration du malaise : en valorisant la ressource de chacun, ce qui permet de trouver un pli (le terme clinique vient du grec klinein, plier), une inclination, une implication. Dans cette expérience, le terme culture ne concerne pas seulement un savoir, mais surtout quelque chose qui se fait. Culture, le mot désigne le fait de prendre soin, de cultiver. Prendre soin des idées, de la maison, de la terre.

La culture est donc une intervention, qui consiste à prendre soin de la matière, et à la remettre en jeu, à la transmettre comme richesse. Prendre soin de l’itinéraire de la pensée et des choses : en donner témoignage, restituer une trace.

L’Association Le chiffre de la parole se constitue principalement de quatre départements (clinique psychanalytique, art, édition et industrie), d’un dispensaire et d’un centre de formation.

Son projet et son programme :

  • Des dispositifs de vie, en internat et en externat, adressés à des adolescents et des adultes en difficulté
  • Un dispositif ambulatoire de conversations analytiques et de cours spécifiques
  • Un dispositif de promotion d’artistes suisses et étrangers, lié à une recherche linguistique et pratique autour de l’art et de sa contribution dans différents secteurs
  • Un dispositif de rédaction, de traduction et d’édition visant à mettre en relief les thématiques développées par l’Association, avec les contributions narratives et théoriques de l’Association et d’intellectuels de différents secteurs
  • Un centre de formation, d’enseignement et de recherche intersectorielle, avec l’introduction de projets novateurs dans les secteurs de la santé, de l’intégration sociale et de l’entreprise sociale.
  • Un programme de travail culturel qui intègre des personnes en formation ou pour des mesures de réinsertion sociale et professionnelle et de réadaptation professionnelle
  • Un réseau d’artisans et d’entreprises.

L’Association Le chiffre de la parole se définit comme expérience pilote et comme pionnière, dans un processus de va-et-vient entre la recherche à partir d’une matière clinique et culturelle, sa transmission par l’enseignement et la formation, et sa transposition dans une pratique d’accueil. Le chiffre de la parole est une association psychanalytique et culturelle fondée en 1988, reconnue d’utilité publique par les autorités du Canton de Vaud en 1990. Les membres de l’Association viennent d’horizons aussi divers que la psychanalyse, la médecine, la clinique, l’éducation, l’industrie, les arts et l’édition.

 

2. HISTORIQUE

LE COLLECTIF DE RECHERCHE PEDAGOGIQUE ET PSYCHANALYTIQUE L’aventure commence en 1974, avec la fondation du Collectif de Recherche Pédagogique et Psychanalytique (CRPP) par Claire-Lise Grandpierre, dans le sillage des expériences de Maud Mannoni avec l’autisme et la psychose infantiles (École expérimentale de Bonneuil-sur-Marne, Paris), de Jean Oury avec la psychothérapie institutionnelle (La Borde, Paris), de Louisa Sechehaye avec la recherche psychanalytique sur la schizophrénie (Genève), de Paul Mathis avec la question du suicide à l’adolescence (Toulon), et d’Armando Verdiglione avec l’élaboration des discours et l’abord culturel des questions cliniques et de civilisation (Milan). C’est dans le canton de Vaud que Claire-Lise Grandpierre entreprend un projet thérapeutique pour enfants et adolescents sur le mode du lieu de vie développé par Maud Mannoni. Cette expérience est l’occasion d’aborder la psychose comme un mode de dire, n’ayant rien à voir avec la maladie mentale, et d’en donner une lecture différente. Avec cette approche, des situations qui semblaient souvent désespérées dans un certain contexte se dénouent, et des enfants reprennent petit à petit, avec leur originalité, le rythme de la vie. Dans la façon de travailler du CRPP, l’idée du lieu de vie se joue à partir d’un mode de vie très simple, sans avoir recours à certaines méthodes des structures institutionnelles (habitat protégé, méthodes rééducatives, observation du comportement, médicaments psychotropes). L’organisation même de la vie fonctionne comme occasion thérapeutique : les nombreux actes et repères qu’elle suppose, avec l’écoute, la parole et l’attention des intervenants, favorisent des issues vivantes au refus de manger, de se vêtir, d’être propre, de s’instruire, au rejet de la relation, à l’immobilité, à la violence, aux tentatives de suicide. Depuis la fondation du CRPP, un grand nombre de collaborateurs bénéficient d’une formation psychanalytique théorique et pratique et poursuivent leur travail dans le cadre de l’Association le Chiffre de la Parole ou dans d’autres institutions en Suisse, en France, en Italie.

DANS L’AVENTURE DU NON, LA PAROLE Le film-document de Catherine Scheuchzer Dans l’aventure du non, la parole constitue un témoignage de cette pratique du lieu de vie et de la recherche et de l’élaboration psychanalytiques du CRPP. Il met en scène trois enfants qui deviennent, dans un jeu, les acteurs du film, et découvrent en même temps que c’est là l’occurrence de devenir les acteurs de leur propre histoire. Réalisé en 1991, Dans l’aventure du non, la parole est largement distribué dans les salles de cinéma, en Suisse et à l’étranger. Présenté en octobre 1992 au IIIe Festival des Médias sur le thème de « L’homme en péril » à Lodz, en Pologne, il obtient le Prix de la Fondation Polonaise pour la Diffusion des Sciences. Il est actuellement disponible en français, en allemand, en italien et en anglais, et constitue un support pour des formations dans les domaines de la santé et du social, ainsi que pour des projections publiques avec débat.

L’ASSOCIATION LE CHIFFRE DE LA PAROLE La vie du CRPP rencontre des difficultés et des impasses tant pour son financement que par son intégration dans un village du Gros-de-Vaud, et sa position particulière dans le paysage des institutions. Les expériences fondées depuis la fin des années 60, notamment avec le mouvement de l’anti-psychiatrie, rencontrent toutes ces difficultés qui les font disparaître ou les « normalisent ». Comme cette interrogation est la base de réflexion du Collectif, c’est en intégrant ces difficultés comme des pistes nouvelles que se dessine la constitution de l’Association le chiffre de la parole. L’intégration est peut-être celle d’enfants autistes dans une société, mais c’est aussi l’intégration, par cette société-là, de ce que souligne cette forme extrême de retrait, de rejet et d’enfermement. Une analyse critique est aussi conduite, d’une part des pratiques institutionnelles, hospitalières et administratives, et d’autre part de la pratique du lieu de vie : qu’en est-il de la culture ? Comment les dispositifs d’accueil se confrontent-ils à un questionnement qui reste constant ? Comment éviter la marginalisation et la ségrégation ? Sans être tenté de la normaliser, comment valoriser la particularité de chacun ? Comment interpeller les habitudes qui s’installent et s’éloignent du sens de l’intervention ? La vie a-t-elle besoin d’un lieu ? Ces difficultés, ces impasses, donnent l’occasion d’une théorisation constante de l’expérience, avec de nouvelles exigences. En particulier, l’exigence d’une pratique qui ne soit pas uniquement centrée sur des individus et sur des règles institutionnelles, mais aussi et surtout sur une matière culturelle et intellectuelle, dont ces individus profitent. En octobre 1988, ces pistes nouvelles se concrétisent par la fondation, à Lausanne, de l’Association Le chiffre de la parole avec pour objectif de poursuivre et d’élargir l’expérience du CRPP en créant un Département de clinique psychanalytique en adjacence à des départements d’art, d’édition, d’industrie, de chiffrématique (voir note 1 ci-après).

L’enjeu de cette association nouvellement constituée est de fournir les instruments et les moyens d’un questionnement autour d’un mode habituel de répondre au malaise, voire de l’évacuer, de le confiner ou de croire qu’il soit nécessaire de le traiter comme tel. Il s’agit, en l’occurrence, d’interpeller en particulier le mythe de la maladie mentale, les notions d’incapable, de handicap, de schizophrénie, de délinquance, de violence.

L’Association Le chiffre de la parole commence son activité en élargissant l’accueil à des demandes concernant des adultes qui mettent en échec les institutions psychiatriques et éducatives, et en constituant une équipe de recherche et d’intervention à même de soulever, avec ces institutions, les questions relevant de la psychotisation. Elle démarre une pratique de promotion culturelle en participant à l’organisation de congrès, de conférences et d’expositions d’art, se donne les outils et les instruments d’une formation psychanalytique spécifique et trouve les financements pour ses activités. En janvier 1990, l’Association obtient une autorisation d’exploiter du Département de l’Intérieur et de la Santé Publique pour son Département de clinique psychanalytique. Dès 1994, le Service de Prévoyance et de l’Aide Sociales du canton de Vaud en subventionne l’exploitation. L’Office Fédéral des Assurances Sociales reconnaît l’Association et participe à son financement depuis 1996.

Note 1 La chiffrématique, science de la parole théorisée par Armando Verdiglione. Arrivé d’Inde en Italie à la Renaissance, en passant par le Moyen-Orient et la Sicile, le zéro (en arabe zifr, d’où zéphyr, chiffre) permet de compter à partir de neufs chiffres de base en se combinant avec eux par intégration, dansune sorte de spirale, alors qu’avec les chiffres romains, le compte se faisait jusque-là de façon linéaire, en ajoutant des lettres à une série. À la Renaissance, cette nouveauté va transformer radicalement la pensée et la logique, la science, l’art et la culture. C’est avec ce paradigme et le long de cette métaphore que la chiffrématique intègre les sciences, en particulier la psychanalyse et la linguistique, en proposant par l’analyse de la pensée unique, linéaire, un mode de la pensée et de la parole en spirale. La chiffrématique propose d’apporter cette ouverture dans la parole — d’où le nom de l’Association.

 

3. DEPARTEMENT DE CLINIQUE PSYCHANALYTIQUE

CHARTE DE L’ACCUEIL Les statuts de l’Association Le chiffre de la parole précisent que : « L’accueil de chacun qui en fait la demande s’instaure sur l’analyse des discours relevant d’un malaise dans la civilisation. Le malaise (la psychotisation, les dépendances, la violence, l’ascolarité…), même s’il est inquiétant, n’est pas à démoniser ni à finaliser, car il porte à l’essentiel et à l’originaire ». Dans le cadre du Département de clinique psychanalytique, une rencontre avec les différents intervenants et instances qui portent une demande d’accueil doit établir quel est le matériel et quelles sont les ressources pour un itinéraire linguistique ; et, à partir de là, s’il y a l’indication et l’intérêt d’un accueil par le Département. Un travail débute véritablement à partir d’un premier rendez-vous avec la personne directement concernée. A ce point, le Département de clinique psychanalytique s’engage à:

  • Instaurer un premier dispositif narratif, un dispositif de récit et de lecture sous forme de conversations analytiques, pour recueillir les éléments historiques de l’itinéraire ; ce dispositif permet d’entendre quelle sera l’intervention, de préciser les conditions de l’itinéraire et d’indiquer la direction que la personne elle-même aura à trouver. Puis, suivant les éléments recueillis lors de ces conversations, progressivement :
  • Il instaure des dispositifs pragmatiques, pour que le projet s’énonce et pour établir le programme : projet et programme de vie, projet et programme de formation.
  • Il invite aux assemblées hebdomadaires de l’Association. Le but de cette assemblée est d’une part d’entendre quels sont les dispositifs, le programme, les activités du Département de clinique psychanalytique et de l’Association elle-même, et de déterminer peu à peu lesquels deviendront plus particulièrement les outils d’un itinéraire et les prétextes d’un pari ; d’autre part, de débuter la procédure d’intégration d’éléments du programme qui ressortent des conversations. L’assemblée est le rendez-vous lors duquel s’organise la pratique de chacun. C’est une instance symbolique qui instaure et qui vérifie les dispositifs de parole et d’accueil, ainsi que la logique et l’organisation de la semaine: une occasion de former des équipes et d’explorer la solidarité. Le travail se poursuit ainsi, de rendez-vous en rendez-vous.

Selon les ressources et les besoins d’une personne ou les contraintes extérieures (par exemple, un mandat pénal), elle intégrera un dispositif de vie qui tiendra compte de l’indépendance, soit :

  1. En qualité d’externe. Pour les personnes avec qui il n’est pas nécessaire d’organiser une structure de vie, et qui ont un projet et un programme plus spécifiques à développer, il est proposé une intervention, avec des conversations analytiques, des projets ponctuels, un enseignement dans différentes matières organisé ou donné par les intervenants du Département de clinique psychanalytique, des stages professionnels, des stages linguistiques, des voyages, des projets culturels, le développement de services à la collectivité.
  2. En qualité d’interne. Pour les personnes qui ont à construire ou à reconstruire la base de la vie quotidienne, un lien avec la cité, le travail, le public, il est nécessaire d’organiser un climat de vie et un temps de vie qui leur soient favorables. La vie et son organisation conduisent la personne à conquérir peu à peu une indépendance qui permettra de décider d’interventions plus spécifiques, tant sur le plan professionnel et économique que culturel et social. L’habitation est un terrain d’exploration de nombreuses questions. Pour cette fonction, le Département lui garantit une immunité concernant toute intervention qui ne tiendrait pas compte de cette exploration. Les demandes peuvent provenir de la personne elle-même, de sa famille, d’un tuteur, d’un psychologue, d’un médecin, d’un juge, d’une institution publique ou privée, etc. En ce qui concerne les demandes provenant d’une institution, le démarrage de l’accueil se fait en collaboration avec elle. Le dispositif clinique proposé de cas en cas n’entend pas remplacer la famille ou l’institution, mais définit les conditions d’une ouverture à l’existence. Selon les cas, l’intervention de l’Association peut aussi se faire directement dans l’institution avec l’organisation d’équipes de travail autour d’un cas ou de questions en impasse.

LA RECHERCHE La recherche que nous menons consiste essentiellement à interroger les processus qui conduisent à un renoncement, un enfermement, une mise en échec ; elle nous a amené à organiser des dispositifs pragmatiques : de vie, de formation, de travail. L’écoute de la singularité d’un cas interpelle sur ce que ce cas souligne plus globalement, comme questions de culture et de société ; notre recherche met en évidence une texture linguistique et de civilisation, pour que le questionnement ne soit pas seulement individuel mais contribue à la culture et à la société. Cette recherche est, en retour, indispensable à l’intervention clinique : l’élaboration d’un cas, de ses symptômes et de ses ressources, de ses impasses et de ses issues, profite de l’élaboration de cette texture, de son contexte. La nouveauté de cette recherche consiste à partir de l’hypothèse que le malaise souligne des aspects essentiels de la civilisation, et qu’il a quelque chose à apporter à la civilisation. Il s’agit donc d’entendre la portée et la contribution du malaise, sans le figer dans une catégorie médicale ou sociale par un diagnostic et un pronostic. Par le biais de différents symptômes, le malaise se traduit dans un discours, une manière de dire qui est une parodie du discours ambiant, un effet culturel. Ainsi, ce qu’on appelle communément névrose obsessionnelle, psychose paranoïaque ou schizophrénie, plutôt que des catégories qui tendraient à établir l’existence d’une « maladie mentale », peut être entendu comme des discours, des façons de dire, d’interpeller, voire de faire la caricature des routines sociales. Alors que l’institution psychiatrique définit une frontière de civilisation au débordement du malaise par le diagnostic et le traitement, nous définissons, souvent en collaboration avec elle, une frontière qui a une autre fonction, en travaillant l’analyse de discours liés à un cas plutôt que de sujets souffrant d’une maladie. Les hypothèses cliniques que nous formulons au fil de l’expérience vérifient comment et combien chacun de ces discours insiste sur l’absence de compromis, de médiation, de communication facile ou de parole facile, interpellant les habitudes et les lieux communs. Insister sur ces manières de dire, cependant, c’était souvent aussi faire « l’erreur de calcul » de procéder par le passage à l’acte, la violence ou la transgression, en mettant parfois en danger soi-même, ou son entourage ; c’est à ce point-là qu’intervient la demande : que faire de la douleur et du désespoir ? Comme mode de dire, comme figure rhétorique, le discours porte aux éléments essentiels d’un cas, qui sont à mettre en jeu : l’analyse de ces discours introduit un mouvement de pensée, un raisonnement qui permet de porter ces façons radicales de communiquer dans la parole, et de valoriser des ressources et un itinéraire de vie originaux. La recherche que nous développons reste indissociable d’une pratique clinique, l’une profitant de l’autre et la modifiant. Notamment, la pratique de terrain, dans le cadre du Département de clinique psychanalytique, donne la matière du Dispensaire et du Centre de formation. Dans les interventions de l’Association, il sera donc question de récit, d’itinéraire, d’histoire vivante qui se transforme le long d’une écoute et d’un faire ; c’est sur cette base que s’articule la formation dispensée par l’Association.

DISPOSITIF CLINIQUE L’innovation clinique promue par le Département de clinique psychanalytique implique la mise en place d’un dispositif de vie et de parole où le malaise existentiel trouve, pour se dire et laisser une trace, une autre scène que celle du passage à l’acte : une scène artistique, culturelle, intellectuelle. L’accueil du malaise et l’analyse du discours s’organisent sur la base d’un projet spécifique à chacun — où chacun trouve du plaisir, de la fierté, et sa particularité. À partir de cet accueil, des questions, des difficultés, des impasses qui se répètent pour trouver une issue, trouvent une nouvelle réponse. En effet, si une difficulté se répète, c’est qu’elle a une traversée à faire, pour s’entendre de plus en plus dans la parole plutôt que dans le corps, dans la relation, dans la violence. Le dispositif clinique (entre les conversations, l’assemblée, la vie, les projets) est l’instance qui pousse ces questions vers leur absolu, qui dégage une parole encore inédite, un matériel clinique authentique. De cette façon, c’est le thérapeutique qui fait le lien entre le matériel recueilli et l’orientation et la direction des projets L’élaboration des questions, des impasses et des difficultés permettra aux personnes d’avoir de moins en moins recours à une pathologie et à des structures institutionnelles lourdes : le long de l’intervention, les éléments, souvenirs, blessures, impasses sont entendus autrement par chacun, et réutilisés comme matériel de vie. Chaque dispositif clinique mis en place est spécifique à une demande, définit les normes, les règles et les motifs d’une partie où une parole, un faire, un parcours soient mis en jeu avec détachement et légèreté. Le dispositif clinique favorise l’analyse des événements qu’une personne a rencontrés dans son existence : comment elle peut les intégrer pour ne pas les vivre comme définitifs, et poursuivre un itinéraire. Quel que soit le dispositif, il est à penser dans une interaction qui privilégie la formation : celle des intervenants comme celle de la personne accueillie.

DEUX EXEMPLES D’ACCUEIL AU DEPARTEMENT DE CLINIQUE PSYCHANALYTIQUE DE L’ASSOCIATION LE CHIFFRE DE LA PAROLE 

M. S. Lorsque nous avons rencontré M. S. en janvier 2003, il était âgé de dix-huit ans et suivait une première année d’apprentissage de nettoyeur en bâtiment, dans le cadre d’une institution formatrice d’insertion sociale. Rejeté par ses parents dès sa naissance, avec un itinéraire lié à différentes institutions sociales, il démontrait un potentiel de travail important, tout en ayant une grande difficulté à tisser des relations non conflictuelles avec son entourage, que ce soit dans le cadre de son travail d’apprentissage, avec ses collègues ou responsables de formation, ou dans le dernier foyer dans lequel il vivait avant de se trouver en lien avec notre Association, avec les autres jeunes accueillis.

Face à ces difficultés relationnelles importantes, le recours à la psychiatrie avait été envisagé, et une évaluation pour l’Assurance Invalidité était en cours. En constatant, dès son arrivée chez nous, les ressources non encore exploitées de ce jeune homme, nous avons suspendu ces démarches, qui nous semblaient comporter le risque que celui-ci ne se trouve jamais à avoir à mettre en jeu la pulsion sans violence et débordements. envisagé, et une évaluation pour l’Assurance Invalidité était en cours. En constatant, dès son arrivée chez nous, les ressources non encore exploitées de ce jeune homme, nous avons suspendu ces démarches, qui nous semblaient comporter le risque que celui-ci ne se trouve jamais à avoir à mettre en jeu la pulsion sans violence et débordements. Ainsi, nous avons accueilli M. S. dans un de nos appartements en ville de Lausanne, où vivait aussi une jeune femme qui suivait des études au gymnase. L’encadrement de cette structure d’accueil consistait en une interlocution quotidienne, autour du repas du soir et du temps de la soirée. Cette interlocution prenait comme prétextes le travail, les amis, la formation, la responsabilité de tenir un appartement, le paiement des factures, la gestion d’un budget : des prétextes pour qu’il puisse, informellement, commencer à raconter des détails de sa difficulté à vivre et les considérer à travers son propre récit et non plus en opposition à sa pulsion, comme des dangers. Tout en abordant avec lui de manière serrée et non morale les questions qu’il rencontrait, cette structure lui a permis de trouver aussi des moments d’indépendance importants, au long des journées ainsi que lors de chaque week-end, qu’il passait dans une famille d’accueil. Simultanément, avec des conversations hebdomadaires, M. S. s’est mis peu à peu à raconter des éléments de son histoire, de sa famille, les impasses qu’il rencontrait, les difficultés qui l’empêchaient de structurer les aspects de la vie quotidienne, la conversation poursuivant la distinction entre le récit et le vécu, à partir de la matière même de son itinéraire. Avec lui, il s’est agi dès son arrivée d’instaurer une frontière linguistique, de dire non sans que ce « non » soit entendu comme un empêchement ou une tentative de le contenir, pour qu’il s’approprie lui-même cette frontière et ainsi arrive à affronter seul les situations de la vie. Pour cela, sans lâcher l’exigence de la vie dans la dignité, nous l’avons laissé explorer les différentes figures de son discours, en donnant à cette exploration le cadre d’une parole, souvent d’un « pas d’accord », marquant ainsi une frontière qu’il était libre de s’approprier avec son propre style. Comme il nous faisait rencontrer des amis, toujours plus démunis que lui, dans le cadre de l’appartement, il a pu vérifier, « de l’extérieur », que l’interdiction linguistique, la frontière, n’avait rien de destructeur ; ce qui lui a permis de structurer lui-même différemment le mode sur lequel il tissait la relation avec ses collègues de travail, ainsi qu’avec les responsables de l’institution d’insertion sociale dans laquelle il travaillait la semaine. À vingt-et-un ans, il a conclu cet apprentissage avec succès, recevant un prix de l’Association des métiers du bâtiment pour avoir obtenu les meilleurs résultats de sa classe.

F. J. Au printemps 2002, l’Association a reçu une demande du Service de la Protection de la Jeunesse pour l’accueil d’une jeune fille âgée de dix-sept ans, originaire de Bosnie. Dès le début de son adolescence, dans sa famille qui conservait des coutumes strictes de son pays, elle s’était introduite comme une jeune fille suisse, ce qui constituait une trop forte mise en question de l’autorité du père vis-à-vis du reste du clan vivant en Suisse. Cette tension entre les deux cultures était allée jusqu’au rejet de F. J. par sa famille, puis à des débordements qui ont mis gravement sa vie en danger, et à plusieurs hospitalisations en psychiatrie ; une demande à l’Assurance Invalidité était en cours, et elle se préparait un avenir en institution. -à-vis du reste du clan vivant en Suisse. Cette tension entre les deux cultures était allée jusqu’au rejet de F. J. par sa famille, puis à des débordements qui ont mis gravement sa vie en danger, et à plusieurs hospitalisations en psychiatrie ; une demande à l’Assurance Invalidité était en cours, et elle se préparait un avenir en institution. Lorsque nous l’avons rencontrée, alors qu’elle avait une forte médication, nous avons d’emblée fait porter le travail sur l’instauration d’un raisonnement : comment allait-elle arriver à construire un projet, c’est-à-dire à penser au-delà d’une difficulté trop présente ? Elle avait en effet tendance, au moment de notre rencontre, à répondre immédiatement à la situation contradictoire qu’elle pensait vivre, par des transgressions ou des provocations, comme la consommation de cannabis, des figures d’anorexie ou des vols. En l’occurrence, le raisonnement qu’elle avait à s’approprier concernait l’intégration des deux cultures, la culture bosniaque et la culture suisse : le combat n’était pas à mener contre la famille, mais il s’agissait plutôt d’une bataille culturelle. À partir de ces hypothèses, la demande à l’Assurance Invalidité n’était plus nécessaire ; nous avons mis sur pied un projet emblématique afin de lancer un pari avec elle. Il s’agissait pour elle de renouer avec les études, suite à l’échec de l’apprentissage que sa famille lui avait imposé. Son désir de reprendre des études, malgré son peu d’estime pour elle-même, nous a permis d’ouvrir une brèche et de construire ce projet de formation, qui est devenu peu à peu un espoir pour elle. Nous avons organisé l’accueil dans une combinaison entre l’hébergement, les conversations analytiques, les assemblées et un dispositif d’enseignement. Alors que les conversations lui permettaient de s’approprier son itinéraire difficile et d’y valoriser elle-même, peu à peu, ses ressources, l’hébergement s’est précisé pour aller progressivement d’un appartement avec un encadrement constant à un logement plus indépendant qu’elle a partagé avec un autre jeune accueilli, lui aussi dans un enjeu de formation. Comme elle en avait les moyens intellectuels, il a rapidement été question de mettre en jeu ses ressources, en l’inscrivant au gymnase à Lausanne. Durant une année, elle a suivi les cours, avec un appui scolaire de notre part, sans toutefois être à même de travailler de manière optimale : elle rencontrait encore de nombreuses impasses relevant des difficultés avec sa famille, de la médication, de la tentation constante de renoncer aux études, et d’un milieu d’adolescents lausannois dont elle avait à s’éloigner. L’enjeu étant de faire en sorte qu’une jeune Bosniaque, d’éducation musulmane, vivant en Suisse depuis l’âge de six ans, puisse se former intellectuellement et acquérir un statut de femme indépendante, nous avons alors négocié avec elle une inscription dans une école privée à Genève, en instaurant un programme de cours allégé dans un statut d’auditrice, pour poursuivre le travail avec elle et lui permettre de se construire une dignité. Elle a commencé à travailler pour financer une partie des dettes liées à ses débordements anciens et, progressivement, ses frais de formation, intégrant dans son effort le passé et l’avenir. Ses premiers emplois ont consisté à s’occuper d’enfants dans le cadre de colonies et à faire le ménage dans un centre médico-social : elle prenait comme point de départ ce que sa famille aurait attendu d’elle sa vie durant, mais en le combinant avec une formation, une profession et un mode de vie intégré. Elle travaille aujourd’hui dans un centre médico-social, avec la garantie de pouvoir commencer une formation d’assistante en soins et santé, et vit dans un appartement trouvé et loué par ses soins. Nous poursuivons l’interlocution avec elle, notamment par rapport à la formation. Elle n’a aujourd’hui recours ni à l’aide sociale, ni à d’autres prestations médicales ou thérapeutiques. -social, avec la garantie de pouvoir commencer une formation d’assistante en soins et santé, et vit dans un appartement trouvé et loué par ses soins. Nous poursuivons l’interlocution avec elle, notamment par rapport à la formation. Elle n’a aujourd’hui recours ni à l’aide sociale, ni à d’autres prestations médicales ou thérapeutiques.

 

4. DISPENSAIRE

À partir du terrain clinique et de notre expérience de lecture des questions de malaise dans la civilisation, nous proposons un Dispensaire qui associe les consultations, les conversations, les cours et la formation. Ce dispositif répond notamment à des demandes qui nous sont adressées concernant des jeunes en rupture scolaire ou sans projet de formation, à la recherche d’un emploi (chômeurs) ainsi que des adultes en arrêt de travail depuis peu, ou exclus d’un cadre professionnel pour différentes raisons ; il s’agit d’intervenir avec ces personnes pour qu’elles soient à même de commencer ou de reprendre le travail, ou avant que soit engagé un recours à des institutions spécialisées ou à l’Assurance Invalidité. La fonction du Dispensaire est donc d’aboutir à une formation ou une reprise de travail. Le critère clinique est qu’une demande d’accueil a un intérêt si elle est reçue en fonction d’une plus-value linguistique et culturelle. Les dispositifs du Dispensaire concernent l’orientation et la direction pour l’itinéraire de chacun, en dégageant les ressources nouvelles ; le Dispensaire établit un programme, de cas en cas, visant à relancer un itinéraire. Le Dispensaire intègre, au projet de formation, un suivi, notamment lors de stages ou de formations pratiques ; il met en place, selon l’occurrence, un enseignement théorique, un rattrapage scolaire avec ses propres enseignants ou d’autres prestataires, voire des stages pratiques et de formation. Une combinaison peut intervenir avec les autres départements de l’Association : art, édition, industrie.

Le Dispensaire intervient en outre directement dans les entreprises pour donner un appui à des personnes en difficulté dans leur environnement de travail. Il établit également des dispositifs pour intervenir auprès des différents interlocuteurs concernés, parents, famille, école, institutions, administrations, services de l’État. Les prestations du Dispensaire incluent :

• Des conversations analytiques, qui ont pour fonction d’aborder le récit en le distinguant du « vécu » ;

• Des entretiens pour l’organisation de la vie, pour affronter les aspects administratifs, etc. ;

• Un enseignement scolaire, une préparation à l’entrée en apprentissage et des compléments à la formation professionnelle en vue d’une réinsertion ;

• Un bilan des ressources et des hypothèses pour leur valorisation, et une évaluation de l’environnement professionnel ;

• Un suivi pour la direction et la logique de l’itinéraire ;

• L’organisation et la coordination des différents prestataires.

 

5. CENTRE DE FORMATION, D’ENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE

En plus de trente ans d’expérience sur le terrain, l’équipe de l’Association Le chiffre de la parole a conduit une recherche théorique constante, tant dans le domaine de la lecture des processus institutionnels, de la stratégie institutionnelle, de l’abord de la psychose et de la névrose comme discours, que dans celui des techniques d’intervention et de l’ingénierie de l’équipe. Des éléments de cette recherche ont été publiés dans les périodiques de l’Association européenne de psychanalyse à Milan et dans des actes de congrès ; plusieurs ouvrages sont en cours de publication en langue française. L’Association Le chiffre de la parole a en outre fourni de nombreuses places de stages, notamment pour les étudiants en psychologie, en sciences de l’éducation et en travail social, mais aussi pour les étudiants en changement d’orientation ; elle forme des professionnels et des étudiants à la théorie clinique ; elle a collaboré avec un hôpital psychiatrique pour la mise sur pied de structures ouvertes. Elle a aussi dirigé des supervisions dans de grandes institutions de Suisse Romande. Avec son élaboration, elle introduit un projet et un programme spécifiques aux ressources de chaque cas, pour que leur accueil puisse poursuivre sans avoir recours à la contention, à la médication psychotrope, voire à l’exclusion. C’est sur cette base que l’Association ouvre un Centre de formation, d’enseignement et de recherche destiné à faire école à partir de son patrimoine théorique et de son ingénierie de la formation, tant par des publications théoriques et des récits cliniques que par des modules de cours de formation post-grade adressés aux professionnels de la santé, du social, du management, des assurances et des ressources humaines. Le Centre de formation, d’enseignement et de recherche propose des modules de formation sur mesure, avec trois voies principales :

  1. Formation à la technique d’intervention et à l’abord théorique des cas de psychose. Introduction à l’abord des questions concernant l’accueil des cas de psychose, une nouvelle approche des médications psychotropes, la maltraitance, la contention, et définition du projet et du programme pour des cas spécifiques ; formation des professionnels à un travail linguistique à partir du récit et à l’intervention dans des dispositifs d’accueil ; conditions d’une écoute clinique chez les praticiens de la santé, du social et de l’éducation La formation est proposée à partir d’une pratique professionnelle déjà en acte : pratique de terrain avec le Département de clinique psychanalytique de l’Association, ou pratique professionnelle dans le secteur social ou médical.
  2. Formation à la technique d’intervention pour la réinsertion sociale et professionnelle et la réadaptation professionnelle. Introduction aux questions concernant l’orientation et la direction professionnelles, le chômage, les nouvelles hypothèses pour l’abord de l’absentéisme en entreprise, les arrêts de travail, la réorientation de carrière, la formation continue. chômage, les nouvelles hypothèses pour l’abord de l’absentéisme en entreprise, les arrêts de travail, la réorientation de carrière, la formation continue. La formation est proposée à partir d’une pratique professionnelle déjà en acte : pratique de terrain avec le Dispensaire et le Département d’industrie de l’Association, ou pratique professionnelle dans le secteur de l’entreprise, des assurances ou des ressources humaines.
  3. Politique et stratégie d’entreprise et d’institution Introduction à la politique et à la stratégie de direction d’équipe; invention d’outils de communication, de marketing et pour les ressources humaines, spécifiques à l’entreprise ou à l’institution. La formation est proposée à partir d’une pratique professionnelle déjà en acte dans une entreprise ou une institution. Chacune des trois voies comprend des éléments modulables : 
    • Supervision de l’intervention
    • Séminaires cliniques
    • Analyse individuelle en lien avec la pratique
    • Cours théoriques hebdomadaires et week-ends consacrés à un thème, selon la voie choisie : l’absentéisme, le présentéisme, le chômage, la contention, le recours à l’Assurance Invalidité, l’exclusion et les approches basées sur la lecture analytique ; du concept d’intervention standard (grilles et formulaires) à l’intervention efficace ; les objectifs : idéalisme ou réalisme ?
  4. Orientation, direction et conduite de projet, et mise en acte de programme
  5. La rédaction et la publication : pour une écriture efficace.
  • Cours spécifiques sur le « dispositif critique », où les participants sont amenés à construire eux-mêmes les indications et la stratégie d’intervention à partir du matériel de leur expérience actuelle
  • élaboration et vérification de l’effet et de la réussite de l’intervention. Les séminaires cliniques, la supervision et l’analyse sont assurés par l’Association
  • la formation théorique et technique est assurée en collaboration avec l’Institut suisse de brainworking, certifié EduQua.

 

6. DEPARTEMENT D’ART, DEPARTEMENT D’EDITION ET DEPARTEMENT D’INDUSTRIE

Simultanément à son travail clinique pour l’accueil, la réinsertion et la réadaptation, l’Association mène un travail dans différents domaines, auxquels le travail du Département de clinique psychanalytique, du Dispensaire et du Centre de formation s’associent selon les occurrences du programme.

DEPARTEMENT D’ART Le Département d’art questionne l’apport de l’art dans le travail clinique, dans la stratégie, dans la politique et dans l’entreprise : il contribue par son spécifique aux dispositifs d’enseignement et de formation de l’Association par des stages, des séminaires, des modules de formation, des voyages artistiques et culturels. Le Département d’art organise des expositions, des conférences, des projections, des concerts, des performances, des lectures publiques visant à valoriser la pratique, la mission et l’élaboration artistiques de l’Association, en exposant et en rendant publique la contribution d’artistes de différents pays en termes de processus de culture et de civilisation. Pour cela, il collabore avec des galeries, des musées et des entreprises publiques et privées en Suisse et à l’étranger ; il peut se doter lui-même de locaux d’exposition.

DEPARTEMENT D’EDITION Le Département d’édition interroge l’apport de l’écriture dans le travail clinique, dans la stratégie, dans la politique et dans l’entreprise : il contribue aux dispositifs d’enseignement et de formation de l’Association par des stages, des séminaires et des modules de formation, ainsi que par des interventions et des collaborations dans différents salons du livre. Il met sur pied un dispositif de publication et de traduction d’écrits des membres de l’Association et d’intellectuels de différents pays, pour valoriser l’élaboration théorique, clinique, scientifique, littéraire et poétique de l’Association. Le Département d’édition visant à la valorisation et à la publication de l’expérience de l’Association Le chiffre de la parole et de ses différents départements, se donne des outils comme une revue hebdomadaire ou mensuelle, des sites Internet, un journal web. Il se dote d’une équipe de recherche, de lecture et de rédaction, qui collabore avec le Département d’art. Il organise des conférences et des lectures publiques et travaille à la diffusion de ses produits éditoriaux.

DEPARTEMENT D’INDUSTRIE Le Département d’industrie a pour tâche de déterminer et d’établir en quoi et comment l’expérience de l’Association s’étend au secteur de l’industrie. Il réalise un programme d’activités culturelles en intégrant des personnes en formation ou en réinsertion. La mise en acte de ce programme a exigé de constituer une coopérative sociale et culturelle à but non lucratif (Coopérative Immunitas), afin d’augmenter les occurrences de travail et de collaboration avec le secteur privé et le secteur public. secteur public. Le Département d’industrie propose des stages, du travail et des apprentissages relevant d’un réseau entre l’Association et des interlocuteurs de différents secteurs offrant des opportunités d’intégration, de formation, de travail. Le Département d’industrie met en acte des projets pilotes, nationaux et internationaux, dans les secteurs de la recherche scientifique, de la santé, de l’éducation, de l’insertion et de la réinsertion professionnelle, de la formation continue et de la solidarité sociale.

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Les dimensions : la matière, le langage, la semblance (14 mai 1993); 6. Le labyrinthe et le paradis : le jour, la nuit, le crépuscule (28 mai 1993) ; 7. Le chiffre : le dispositif, la loi, l’éthique, le plaisir (11 juin 1993). Transcription disponible auprès de l’Association Le Chiffre de la Parole. VERDIGLIONE, ARMANDO : Niccolò Machiavelli, Spirali/Vel, Milan 1994 VERDIGLIONE, ARMANDO : Edipo e Cristo. La nostra saga, Spirali, Milan 2002 VERDIGLIONE, ARMANDO : La famiglia, l'impresa, la finanza, il capitalismo intellettuale, Spirali, Milan 2002 VERDIGLIONE, ARMANDO : Venere e Maria. La fiaba originaria (avec Maria Grazia Amati et Alessandro Taglioni), Spirali, Milan 2002 VERDIGLIONE, ARMANDO : Il brainworking. La direzione intellettuale. La formazione dell'imprenditore. La ristrutturazione delle aziende, Spirali, Milan 2003 VERDIGLIONE, ARMANDO : Artisti I, Spirali, Milan 2003 VERDIGLIONE, ARMANDO : Il Manifesto cifrematico — La rivoluzione cifrematica, Spirali, Milan 2004 VERDIGLIONE, ARMANDO : Master dell'art ambassador, Spirali, Milan 2005 VERDIGLIONE, ARMANDO : Master del brainworker, Spirali, Milan 2005 VINCI, LEONARD : Les carnets de Léonard de Vinci, Gallimard, Paris 1942 WOLFSON, LOUIS : Le schizo et les langues, Gallimard, Paris 1970 WÜTHRICH, MARIO : I Grandi Libri [Les grands-livres] in COLL. Il secondo rinascimento nel pianeta, Spirali, Milan 2005. WÜTHRICH, MARIO : Swiss Brain Clock [Les grands-livres] in COLL. Scritture della rivoluzione cifrematica, Spirali, Milan 2005.

PRESSE Toujours en intersection avec l’accueil et le travail du département de clinique psychanalytique, l’Association Le chiffre de la parole a organisé et promu différents événements culturels, notamment avec la Galerie Corps et Scène, à Lausanne (département d’art), avec l’Université internationale de la deuxième renaissance, l’Association Chiffrématique Suisse Claire-Lise Grandpierre et l’Institut suisse de brainworking à Genève (département d’édition), avec les Éditions Spirali, à Milan (département d’édition) et avec l’atelier de menuiserie de Cuarnens et la Boutique des Contes du temps à Sainte-Croix (département d’industrie). La presse a donné des échos de ces différents événements. 24 Heures, 14 avril 2005 La Rivista, revue de la chambre italienne du commerce en Suisse, N°4, avril 2005 24 Heures, 17 décembre 2004 24 Heures, 11 décembre 2005 La Vallée Notizie, Journal du Val d’Aoste, 28 octobre 2006 24 Heures, 25 juin 1999 

Le projet institutionnel (pdf 42 pages A4)

Le chiffre de la parole