tableau rond

Charte de l'accueil

Les statuts de l’Association Le chiffre de la parole précisent que l’accueil de chacun qui en fait la demande s’instaure sur l’analyse des discours relevant d’un malaise dans la civilisation. Le malaise (la psychotisation, les dépendances, la violence, l’ascolarité…), même s’il est inquiétant, n’est pas à démoniser ni à finaliser, car il porte à l’essentiel et à l’originaire.

Dans le cadre du Département de clinique psychanalytique, une rencontre avec les différents intervenants et instances qui portent une demande d’accueil doit établir quel est le matériel et quelles sont les ressources pour un itinéraire linguistique ; et, à partir de là, s’il y a l’indication et l’intérêt d’un accueil par le Département.

Un travail débute véritablement à partir d’un premier rendez-vous avec la personne directement concernée.

A ce point, le Département de clinique psychanalytique s’engage à :

  • instaurer un premier dispositif narratif, un dispositif de récit et de lecture sous forme de conversations analytiques, pour recueillir les éléments historiques de l’itinéraire ; ce dispositif permet d’entendre quelle sera l’intervention, de préciser les conditions de l’itinéraire et d’indiquer la direction que la personne elle-même aura à trouver.

Puis, suivant les éléments recueillis lors de ces conversations, progressivement :

  • il instaure des dispositifs pragmatiques, pour que le projet s’énonce et pour établir le programme : projet et programme de vie, projet et programme de formation.
  • il invite à l'assemblée hebdomadaire de l’Association. Le but de cette assemblée est d’une part d’entendre quels sont les dispositifs, le programme, les activités du Département de clinique psychanalytique et de l’Association elle-même, et de déterminer peu à peu lesquels deviendront plus particulièrement les outils d’un itinéraire et les prétextes d’un pari ; d’autre part, de débuter la procédure d’intégration d’éléments du programme qui ressortent des conversations.

L’assemblée est le rendez-vous lors duquel s’organise la pratique de chacun. C’est une instance symbolique qui instaure et qui vérifie les dispositifs de parole et d’accueil, ainsi que la logique et l’organisation de la semaine : une occasion de former des équipes et d’explorer la solidarité.

Le travail se poursuit ainsi, de rendez-vous en rendez-vous.

Selon les ressources et les besoins d’une personne ou les contraintes extérieures (par exemple, un mandat pénal), elle intégrera un dispositif de vie qui tiendra compte de l’indépendance, soit :

  1. En qualité d’externe. Pour les personnes avec qui il n’est pas nécessaire d’organiser une structure de vie, et qui ont un projet et un programme plus spécifiques à développer, il est proposé une intervention avec des conversations analytiques, des projets ponctuels, un enseignement dans différentes matières organisé ou donné par les intervenants du Département de clinique psychanalytique, des stages professionnels, des stages linguistiques, des voyages, des projets culturels, le développement de services à la collectivité.

  2. En qualité d’interne. Pour les personnes qui ont à construire ou à reconstruire la base de la vie quotidienne, un lien avec la cité, le travail, le public, il est nécessaire d’organiser un climat de vie et un temps de vie qui leur soient favorables. La vie et son organisation conduisent la personne à conquérir peu à peu une indépendance qui permettra de décider d’interventions plus spécifiques, tant sur le plan professionnel et économique que culturel et social.

L’habitation est un terrain d’exploration de nombreuses questions. Pour cette fonction, le Département lui garantit une immunité concernant toute intervention qui ne tiendrait pas compte de cette exploration.

Les demandes peuvent provenir de la personne elle-même, de sa famille, d’un tuteur, d’un psychologue, d’un médecin, d’un juge, d’une institution publique ou privée, etc.

En ce qui concerne les demandes provenant d’une institution, le démarrage de l’accueil se fait en collaboration avec elle. Le dispositif clinique proposé de cas en cas n’entend pas remplacer la famille ou l’institution, mais définit les conditions d’une ouverture à l’existence.

Selon les cas, l’intervention de l’Association peut aussi se faire directement dans l’institution avec l’organisation d’équipes de travail autour d’un cas ou de questions en impasse.

Le chiffre de la parole